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L' émotion du retour !!!

L' émotion du retour !!!
Après une nuit à tenter en vain de trouver le sommeil, les Bleus, finalistes malheureux de la Coupe du monde contre l'Italie, sont rentrés ce lundi midi en France, quittant Berlin par avion pour Paris, où ils ont été reçus au Palais de l'Elysée par le Président de la République, Jacques Chirac. Ce dernier a tenu à apporter son soutien au héros malheureux de la finale, Zinédine Zidane, fêté ensuite avec les autres finalistes (sauf Barthez) place de la Concorde par plus de 10.000 personnes. Retour sur cette journée chargée d'émotion...

Zidane à son arrivée à l'Elysée.Raymond Domenech l'avait annoncé dimanche soir peu après le tragique dénouement de la finale de la 18e Coupe du monde, les Bleus ne défileraient pas sur les Champs-Elysées, comme les «perdants magnifiques» de Saint-Etienne, qui avaient eu le droit à cette descente triomphale en 1976, en dépit de leur défaite en finale de la Coupe des Champions contre le Bayern Munich. "Pour demain, si c'est moi qui décide, on ne fait pas de défilé. Il y a 30 ans on a défilé pour une défaite, alors je ne préfère pas", avait-il déclaré, sans doute soutenu par ses joueurs qui n'avaient pas le c½ur à pareille célébration.

Ce qui n'a pas empêché les Bleus de vivre une belle journée, chargée d'émotion, de larmes, de communion avec un public venu nombreux place de la Concorde leur manifester sa gratitude après cette Coupe du monde réussie. Rentrée tard dans son hôtel de Berlin, la délégation bleue a quitté la capitale allemande en fin de matinée après une nuit pénible. "On a cogité toute la nuit, reconnaîtra Claude Makelele au micro de TF1, on a rediscuté de la finale, on se pose beaucoup de questions. On est conscients qu'on a été meilleurs que les Italiens, mais des fois, ce n'est pas la meilleure équipe qui gagne. On méritait mieux mais il faut l'accepter."

Parti un peu plus tard que prévu de l'aéroport de Berlin, l'avion de l'équipe de France atterrit aux alentours de 13h sur le tarmac de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, où les Bleus, sans Barthez, excusé "pour raisons familiales", mais avec Cissé, filent aussitôt vers le Palais de l'Elysée, où ils sont accueillis une heure plus tard pour déjeuner par le couple présidentiel. Là, sur le perron, les 23 Bleus, leurs épouses et l'encadrement défilent devant le Président de la République qui s'attarde tout particulièrement avec Zinédine Zidane, le premier à monter les marches, mais aussi avec celui que tout le monde appelle «Ti-Franck», là-haut au pays, à Boulogne-sur-Mer, Franck Ribéry, comme pour mieux symboliser le passage de témoin entre l'ancienne et la nouvelle génération.

Le Président de la République se lance ensuite dans une allocution en forme de grand coup de chapeau à ses interlocuteurs: "Chers amis, la France vous aime et vous admire, vous nous avez fait vivre des moments inoubliables en amenant la France une deuxième fois en huit ans en finale de la Coupe du monde. Vous avez démontré à la France qu'elle est forte quand elle est rassemblée dans sa diversité et quand elle a confiance en elle, c'est une formidable épopée sportive qui restera inscrite profondément dans la mémoire des Français, un grand bravo, un grand merci pour votre extraordinaire performance."

Et le Président de s'adresser ensuite tout particulièrement au capitaine, héros malheureux de la finale: "Cher Zinédine Zidane, ce que je veux vous dire au moment peut-être le plus intense, le plus dur de votre carrière, c'est l'admiration et l'affection de la nation toute entière, son respect aussi. Vous êtes un virtuose, un génie du jeu, un homme de c½ur, d'engagement et de conviction."

Raymond Domenech, "formidable architecte de cet ensemble", n'est pas oublié, pas plus que le staff ni les remplaçants. Jacques Chirac termine en tentant de consoler un groupe encore accablé: "Je vois bien de la tristesse chez vous, mais ce que je veux vous dire, c'est que nous sommes très fiers de vous, vous avez montré des qualités exceptionnelles, d'abord un esprit d'équipe, rempart contre le doute en début de la compétition, mais aussi votre force dans cette extraordinaire épopée. Vous avez toutes les qualités pour accrocher demain une deuxième étoile à notre maillot national." Après la photo de famille, c'est l'heure du déjeuner qui dure une bonne heure avant que les Bleus ne mettent le cap vers la place de la Concorde, à quelques centaines de mètres de l'Elysée.

Zidane ovationné place de la Concorde. Le car bleu à impériale sur lequel est inscrite la devise "Ensemble, rien n'est impossible" avec en sus les noms des 23 héros, sert de leurre, c'est finalement 20 minutes plus tard, à 16h, que ces derniers arrivent au pied du Crillon dans un car grenat pour le plus grand bonheur d'environ 10.000 personnes venues crier leur admiration aux Bleus. Comme après la victoire à l'Euro 2000, les Bleus défilent ensuite au balcon du grand hôtel parisien où a été accroché un maillot géant. A l'applaudimètre, Zidane est largement en tête, lui qui se fend de quelques signes et apllaudissements au public, mais aussi d'une courbette en guise d'adieu. Chaque joueur est présenté par le maître de cérémonie, Jean-Pierre Escalettes, président de la FFF, qui ne boude pas son plaisir. "Il faut cueillir celui qu'on a, c'est déjà tellement beau. Si on regarde dans le rétroviseur, on peut être fier de ce qu'ils ont fait."

Après Zidane réclamé à grands renforts de "Zizou!", Henry, Ribéry, Thuram, Vieira, Makelele sont les plus applaudis, ce dernier se montrant touché de cet accueil avant de confirmer que la finale avait été son dernier match en bleu: "Les jeunes ont une telle motivation qu'ils peuvent prendre le relais derrière nous, c'est une décision difficile à prendre, mais c'est la meilleure." Seul Coupet, qui aura vécu une Coupe du monde de souffrance, ne se présentera pas au balcon, la palme de l'émotion revenant à Trezeguet qui présente en larmes ses excuses au public parisien pour avoir manqué son tir au but. Thierry Henry puis Franck Ribéry le serrent longuement dans leurs bras, le premier expliquant: "Avec David, on se connaît depuis qu'on a 16 ans, ce penalty, c'est comme si c'est moi qui l'avais raté."

Belle preuve de solidarité pour ces Bleus qui sont donc "morts ensemble" dimanche soir au pied d'un trophée dont ils ont tant rêvé, mais comme le dira Henry en guise de conclusion au moment de quitter le Crillon, "on peut partir en vacances la tête haute"...

# Posté le lundi 10 juillet 2006 12:09

Modifié le lundi 10 juillet 2006 13:31

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